- vendredi 9 mars 2012
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SALLE DE L'IDONNIERE
00h00
RUE DE LA CROIX BOUET
85170 LE POIRE SUR VIEFnac 79.00 € / 85.00 € Réserver votez 0
Thomas Dutronc
Bonjour. Vous savez quoi ? Personne n’est parfait. THOMAS DUTRONC qui est musicien, eh oui, le sait bien, et à 34 ans, se fend d’un premier album. Les biographies d’artistes, on connaît. Plus c’est « Cosette Tirejus » ou « Je-suis-né-dans-la-Rue », plus ça fait joli. Avec Thomas, ça ne va pas être possible. Il ne lit pas plus dans les étoiles qu’il ne fume de gros cigares, mais son truc tabou, son message personnel vous sautent au visage dès le premier abord. Une main fine et ferme, deux grands yeux bleus espiègles, pas de quoi se vanter ! Ni se plaindre, d’ailleurs… Donc, de lui, on sait déjà ça. Et, plus vaguement, qu’il donne dans la musique ou sur les bords. Erreur ! Pas vaguement, encore moins sur les bords : carrément par les chemins de traverse. La zique, Thomas s’est faufilé entre ses gouttes tant bien que mal jusqu’à 17 ans, mais à 18, bac en poche et fac d’art en cours, elle lui a brusquement fondu dessus en formidables bourrasques. Pas de celles qui viennent par vent d’ouest en vagues pop ou rock, non, lui, c’est de plus loin vers l’est et dans le temps que ça lui vient : des roulottes Rom et des campements sauvages tout fumant de jazz manouche ! Une vraie conversion, doublée d’une longue, humble et patiente initiation… Bref, en quelques années de totale immersion, Thomas ne vit plus qu’en maltraitant dans l’allégresse ses malheureux dix doigts (moins un, qui reste obstinément en l’air, sans doute par esprit de contradiction) sur les cascades de notes brûlantes jadis déversées sur une planète blême d’ébahissement par un Django Reinhardt aussi désinvolte qu’intouchable. Vous parlez d’une ascèse dans un monde formaté à la minute de vide vendue au kilo de pub ! Mais Thomas n’en a cure. Tout à la fois la proie et l’aiguillon de sa passion, il va son chemin, gagne ses galons et le respect de ses rudes pairs (tel Bireli Lagrene, qui est à Django ce que Stevie Ray Vaughan est à Jimi Hendrix, excusez du peu !) au fil d’un itinéraire à cloche-pied borné par les bistros d’apaches et force détours partout où les combats de coqs se règlent à grands jets de guitares de tous bois… Et quand Thomas ne joue pas à perdre haleine avec ses amis manouches, il bricole des chansons avec ses copains d’enfance, parce ça le travaille aussi, évidemment. Et petit à petit, les expériences acquises et les rencontres de hasard aidant, tout ça le mène vers un spectacle fait de pans de rêves éparpillés, de sketches foutraques, de bouts de ficelles incandescentes et, surtout, surtout, de fraternelle créativité : « THOMAS DUTRONC et les ESPRITS MANOUCHES »… Au départ, le disque n’existait même pas à l’état de projet secret : c’était juste qu’à un moment, il faut bien faire entendre des bouts de ce qu’on mitonne aux gens que ça concerne… Et comme de bout en bout, le temps a passé, et que 75 représentations de plus en plus torrides en deux ans l’ont comblé, ce qui n’était que grappes de samples et d’extraits est devenu le disque que voila, et qui ne ressemble à rien de connu ou d’identifiable de ce côté ci de la musique populaire : un camaïeu incroyablement dense d’instrumentaux bouillants et de chansons libre-songeuses , comme tombé du ciel avec une grâce d’acrobate, absolument dévolu à l’ardente fantaisie, à la folie douce d’un artiste au faux air de jeune homme sage mais aux charmes méga frappeurs : THOMAS DUTRONC…
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Absynthe Minded
Depuis dEUS, Zita Swoon et l'incontournable Godfather Arno, tout le monde sait que la Belgique s'est imposée comme la plaque tournante du rock européen sur le vieux continent. Autant que leur cinéma, capable de vous embringuer dans d'improbables road movies - en dépit de la superficie fort modeste du pays -, les rockers belges ont toujours eu le don de s'ouvrir de grands espaces soniques, et de les arpenter en toute liberté, avec l'horizon pour seule limite. Comme si la proximité des côtes anglaises… A moins que ce ne soit, dérivant sans fin sur la mer du Nord depuis les lointaines sixties, quelque cargo fantôme abritant l'une de ces radios pirates dont les éclats électriques résonneraient encore dans l'imaginaire des musiciens d'Anvers, de Bruxelles ou de Gand… la ville où, justement, a débuté l'aventure d'Absynthe Minded. L'idée amuse visiblement Bert Ostyn, tout à la fois songwriter en chef et tête chantante du quintet: "Oh, oui, c'était cool, ce bateau. J'ai d'ailleurs des disques avec les jingles publicitaires de cette période. C'est plutôt nostalgique..." Bert, c'est le garçon au Rubik's Cube sur la pochette d'Absynthe Minded, ce quatrième album qui synthétise assez miraculeusement le parcours et la fascinante palette sonore du groupe - du folk-rock au swing manouche, en passant par l'indie rock et des ambiances presque noisy. Autour de lui, Jan Duthoy (piano, orgue Hammond), Sergej Van Bouwel (contrebasse), Renaud Ghilbert (violon) et Jakob Nachtergaele (batterie) tissent, sur leurs instruments vintage en diable, des climats à dominante acoustique mais capables aussi de virer à l'orage, ou de s'offrir, le temps d'un chorus de guitare, une somptueuse digression jazzy. C'est donc à Gand (Gent, en flamand), cité médiévale et néanmoins branchée, que le groupe s'est formé en 2002. Bert: "J'écrivais des chansons depuis mes 14, 15 ans, pas forcément très bonnes. Et puis, à 18 ans, je suis arrivé à Gand pour étudier les techniques d'enregistrement et j'ai rencontré des musiciens de jazz. Le jazz, c'était quelque chose de nouveau pour moi, j'étais plus un mec rock. Découvrir Django Reinhardt, Miles Davis, tous ces grands musiciens m'a ouvert l'esprit. J'avais cet ami, Sergej, qui jouait de la contrebasse, et Jan, avec qui je faisais déjà un groupe. Alors, on a monté ce groupe d'inspiration très manouche." Assez rapidement, Absynthe Minded va se forger une petite réputation, et pas seulement dans les bars (qu'ils écument sans relâche) comme son nom pourrait le laisser supposer. Bert: "C'est vrai, à la base, c'est ce qu'on était. Un groupe de bars. Ce nom, Absynthe Minded, ça évoque pas mal de choses aux gens. On pense aux peintres, aux poètes des années 30, à New York, Paris. On pense à l'inspiration, aux muses." Après les premières demos de rigueur, le groupe passe aux choses sérieuses et publie un EP, History Makes Science Fiction en 2003, suivi de deux albums, Acquired Taste (2004) et surtout New Day (2005), qui va marquer le début du phénomène Absynthe Minded en Belgique. L'arme du crime? "My Heroics, Part One" (Bert insiste sur la dimension ironique du titre), élue meilleure chanson de la décennie par la radio flamande Studio Brussel - et qui figure en bonus-track sur le nouvel album pour ceux qui auraient manqué les épisodes précédents. Après un nombre impressionnant de concerts - plus de 300 en trois ans, dont une tournée, en première partie de dEUS- et un troisième opus, There Is Nothing, publié en 2007, les cinq musiciens ont pris le temps de peaufiner les douze chansons qui composeront Absynthe Minded. Fidèle à son processus de création, Bert a d'abord écrit les textes - en anglais - avant de composer les musiques dans le registre qui leur correspond le mieux. "Quand tu es sur la route, tu joues beaucoup, tu écris de nouvelles chansons, tu travailles ensemble et cela donne des choses très intéressantes, souligne-t-il. C'est vraiment la dynamique du groupe qui fait que je me sens un songwriter." Son inspiration? "La vie, les gens autour de moi, ma famille. De grandes choses comme l'amour. Pour moi, les textes sont du domaine du subconscient." Enregistré à Paris, au studio Ferber, avec la complicité de Jean Lamoot (Noir Désir, Alain Bashung, Girls In Hawaïï), Absynthe Minded, transcendé par la remarquable osmose du groupe, joue à merveille des contrastes et des silences: chaque note apporte une touche de couleur, vient rehausser la mélodie, la portant à sa quintessence. D'où l'impression assez vertigineuse qui émane de ce disque, de son ouverture en mode swing - façon retour aux sources - ("If You Don't Go, I Don't Go") à sa coda intimiste ("Oh! The Longing", une simple balade au piano). Ailleurs, "Multiple Choice" mêle shuffle souterrain, rugissements d'orgue Hammond et couplets talking blues, avant de s'envoler, au détour d'un refrain presque pop, vers des dissonances de guitare jazz/rock. L'entraînant "Mercury" et sa rythmique en cavale, introduite par quelques traits d'archet au violoncelle, succède à trois perles soft aux parfums délicieusement boisés: le single "Envoi" (et son riff à la All Along The Watchtower), "Heaven Knows" à la rythmique alanguie, évoquant le Dire Strait des débuts, et au gimmick entêtant ("You are, you are, you are my baby girl") sans oublier "Dead On My Feet", petite merveille indie pop que Bert chante avec son élégance habituelle. Sorti fin 2009 en Belgique, l'album a déjà valu au quintet 4 Music Industry Awards (les Victoire de la Musique belges) en janvier dont celui du meilleur album, du meilleur single ("Envoi") et du meilleur groupe de rock indie. Rien d'étonnant. Au delà de sa dimension européenne, Absynthe Minded est de ces albums rares qui procurent un plaisir aussi immédiat que durable. Celui d'écouter une musique fluide, organique, qui semble couler naturellement - pour tout dire, presque distraitement - de musiciens magnifiques qui ne trichent jamais. Ou alors, seulement sur un point: dans la vraie vie, Mister Ostyn est résolument nul au Rubik's Cube. "C'est juste une pose de rock star, avoue-t-il en riant. Enfin... très, très subtile."
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Cascadeur
Gagnant du dernier concours CQFD des Inrocks, Cascadeur délivre des chansons pop sans artifices avec pour seul frère d’arme son piano et ses jouets trafiqués. Un song-writing soyeux et sans fausse modestie.
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